Aéromodélisme RC

Techniques et conception

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Aspect commercial de la radiocommande

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Sommaire général

Auteur : Philippe Kauffmann

Version initiale : 16 août 2008

Dernière révision : 21/06/2018

 

Photos : constructeur ou auteur, sauf mention contraire

 

N. B. : double-cliquer sur les images permet souvent d’obtenir une version agrandie.

 

 

Sommaire

 

Les divers types de radiocommandes commerciales

La guerre commerciale

Etagement de la gamme proposée

Les bandes de fréquence

Les constructeurs

            Graupner/SJ

            SPEKTRUM

            FUTABA

            SANWA (Airtronics aux USA)

            Multiplex

            HITEC

ACT

TURNIGY

CORONA et ASSAN

JETI

Walkera

Références

 

 

Les aéromodélistes construisant eux-mêmes leur radiocommande au XXIème siècle sont rarissimes. Il ne reste en France que quelques très rares adeptes de la construction, a priori tous dans la mouvance de Francis Thobois  [1] qui propose la SUPERTEF05, radio haut de gamme (2,4 GHz, 12 voies, télémesure et synthèse vocale) à monter soi-même. En fait, plus personne n’est vraiment actif dans ce domaine en 2018, et il vaut mieux acquérir ce matériel d’occasion. Nous sommes donc essentiellement conduits à choisir dans ce que propose le commerce. Ce chapitre propose donc d’aider à se retrouver dans le dédale de l’offre très volatile.

 

Les divers types de radiocommandes commerciales

 

On doit distinguer principalement deux types de radiocommandes :

·         celles prévues pour les voitures qui utilisent un volant,

·         celles prévues pour les aéromodèles (qui s’utilisent aussi pour les bateaux) avec deux manches.

 

Seul le deuxième type nous concerne. Dans ce second type on peut distinguer deux sous-types :

·         les radiocommandes non programmables fournies parfois avec des modèles RTF (prêts à voler),

·         les radiocommandes programmables.

 

Les radiocommandes non programmables sont incapables de s’adapter à des modèles différents. De plus, elles sont souvent de qualité médiocre. Elles sont donc à éviter. Et si un modèle RTF est vendu avec ou sans radio, il vaut mieux choisir l’option sans radio et acheter à part une radiocommande de qualité qu’on trouvera facilement à partir de 100 €. Le surcoût sera amorti dès qu’on aura acheté plusieurs aéromodèles.

 

Les radiocommandes vendues seules sont aujourd’hui toutes programmables, soit à partir d’un écran et quelques touches, soit à partir de quelques interrupteurs à glissières et potentiomètres ajustables ; cette seconde variante étant beaucoup moins confortable, car à chaque fois qu’on change de modèle il faut aussi modifier la position des interrupteurs. On trouve aussi une radio très économique programmable via un smartphone chez SPEKTRUM.

 

 

La guerre commerciale

 

Après une stagnation technologique de plusieurs décennies, une nouvelle phase d’innovations est apparue avec l’avènement du 2,4 GHz vers 2006. Le marché des radiocommandes doit être relativement conséquent, car il en a résulté en toile de fond une guerre commerciale parfois un peu triste qui a perduré jusqu’à la fin 2012.

 

L’arrivée du 2,4 GHz est due initialement à des amateurs car les grands fabricants avaient à l’évidence réduit au minimum leurs bureaux de recherche et développement. C’est ce qui a permis l’arrivée sur le marché d’un nouveau venu : la société SPEKTRUM avec sa technologie DSM à base de DSSS (voir les explications au chapitre sur la technologie des radiocommandes). Les deux plus grandes marques ont alors rapidement emboîté le pas, Graupner/JR avec l’IFS en DSSS et FUTABA avec le FASST en FHSS, technologie plus rustique et simple à développer (expliquée au chapitre sur la technologie des radiocommandes). Très rapidement est apparue sur Internet une campagne de dénigrement de la technologie DSSS et une campagne publicitaire pas toujours très fair play de la part de FUTABA. Ceci a conduit tous les fabricants introduisant leur technologie après le début de cette campagne à choisir une technologie à base de FHSS.

 

Peu de temps après cette première guerre des technologies − toutes propriétaires − les principaux fabricants ont commencé à introduire la télémétrie pour faire la différence. Au dernier trimestre 2011 Graupner/SJ a frappé très fort (certainement pour reprendre les parts de marché perdues avec le DSSS) en introduisant une nouvelle technologie FHSS baptisée HOTT. Cette technologie avec une télémétrie utilisant la parole synthétique. De son coté, FUTABA a enfin annoncé une technologie avec télémétrie nommée FASSTest, mais non rétro compatible avec les radios FASST et utilisée seulement sur le haut de gamme.

 

Depuis le printemps 2012, les grands fabricants ne proposent plus que des radios dans la bande 2,4 GHZ avec systématiquement une technologie propriétaire, en général la télémétrie et souvent la synthèse vocale. Depuis 2013, l’évolution est très limitée. On notera la généralisation de la télémétrie et synthèse vocale. Mais il faut surtout déplorer la disparition de JR PROPO, fabricant majeur depuis 1983, disparu en 2017.

 

 

Etagement de la gamme proposée

 

 

Les radios pour aéromodèles ont au moins quatre voies comme car il faut pouvoir contrôler le  moteur, les ailerons, la profondeur et la dérive. Les ensembles à quatre voies se vendent typiquement entre 100 € et 200 € en 2018, avec batterie d’émission, récepteur et parfois chargeur, mais sans servo.

 

Si on veut plus de voies pour ajouter des volets, un train rentrant ou un système de largage (pour remorqueur de planeur), il faut choisir une radio de plus haut de gamme. En effet, il n’existe pas de radio 4 voies haut de gamme ou 10 voies bas de gamme car les constructeurs ont décidé que le nombre de voies définirait la position dans la gamme. Aussi lorsqu’on achète une radio très haut de gamme, on dispose de 18 voies, même si personne n’a jamais eu l’usage de 18 voies en aéromodélisme (l’auteur de ces lignes n’a pas vu en cinquante ans un seul aéromodèle en utilisant plus de 6…).

 

Les radios de milieu de gamme ont entre 6 et 8 voies. Elles se distinguent surtout des quatre voies par le nombre de voies auxiliaires qui dans ce cas précis sont souvent utiles. Il existait jusqu’il y a peu des radios auxquelles ont pouvait ajouter soi-même les voies dont on avait besoin (radios Graupner/JR). Mais cette époque est désormais révolue, car l’ajout de voie a été considéré par les fabricants comme une opération trop complexe pour le modéliste du XXIème siècle, étant donné que cela implique la maîtrise de l’usage de la pince et du tournevis.

 

Au-delà de 8 voies on est dans le haut de gamme. Les radios ont alors presque toujours un module HF interchangeable, ce qui permet de changer de modulation à volonté, alors que les voies supplémentaires ne sont plus qu’un critère de choix secondaire. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de la possibilité de pouvoir changer de module HF, car cela signifie qu’une radio centimétrique (2,4 GHz) pourra à volonté devenir métrique (41 MHz en France) et ainsi permettre de conserver ses anciens récepteurs. Il sera aussi possible, par exemple, avec une radio FUTABA en changeant de module HF de profiter de la technologie DSSS SPEKTRUM utilisée sur de nombreux RTF indoor, ou d’utiliser des récepteurs ASSAN beaucoup plus économiques que les récepteurs FUTABA.

 

Dans le très haut de gamme on peut parfois bénéficier d’un afficheur tactile (AURORA 9 de HITEC, T14MZ et T18MZ de FUTABA) qui rend la programmation plus rapide et agréable. La radiocommande la plus chère, la T18MZ de FUTABA dont le prix tourne autour de 2500 €, bénéficie en outre d’un afficheur en couleur tactile venant directement des smartphones et d’un petit appareil photo venant aussi des smartphones (qui commencent accessoirement à servir parfois de radiocommande).

 

Dans tous les cas, plus on monte en gamme, plus on peut mémoriser de modèles et plus les possibilités de programmation augmentent.

 

 

Les bandes de fréquences

 

Les bandes de fréquence allouées au modélisme ont évolué au fil du temps pour devenir quelque chose d’assez complexe aujourd’hui. De plus, la réglementation est différente dans chaque pays. Par exemple, l’essentiel de l’Europe utilise les bandes 27 MHz, 35 MHz, 40 MHz et 2,4 GHz alors qu’aux US vous devez impérativement rester dans les bandes 27 MHz, 49 MHz, 72 MHz, 75 MHz ou 2,4 GHz ; tandis qu’en France on était cantonné jusqu’à peu aux bandes 27 MHz, 41 MHz, 72 MHz et 2,4 GHz. Mais les choses sont plus simples dans la pratique puisqu’on ne trouve plus depuis 2012 que du matériel en 2,4 GHz.

 

Il est donc inutile de se prendre la tête avec ces détails, car les nouvelles fréquences qui nous ont été allouées sont surtout là pour autoriser les étrangers ayant des radios anciennes dans les bandes métriques à venir chez nous avec leur matériel lors de compétitions internationales.

 

Il est bon de noter quelques éléments de vocabulaire et quelques éléments techniques à ce propos. Toutes les bandes basses de 27 MHz à 75 MHz sont appelées bandes métriques parce que la longueur d’onde émise par ses radios est de l’ordre quelques mètres ; alors que le 2,4 GHz est dans le domaine centimétrique aussi qualifié de micro-ondes. Quelle que soit la bande, on ne nous garantit aucune exclusivité. En particulier la bande de 2,4 GHz appelée aussi ISM (pour Industrial Scientific & Medical) est une bande fourre tout où un peu n’importe qui a le droit de faire presque n’importe quoi… En fait, il s’agit de la nouvelle bande CB (Citizen Band), c'est-à-dire bande libre dans laquelle le modélisme s’est introduit tout simplement parce qu’elle était à peu près libre. On doit donc toujours s’attendre à être brouillé, comme par le passé lors de la création de la CB originelle en 1947 où camionneurs et aéromodélistes partageaient la bande de 27 MHz pour le plus grand malheur des seconds.

 

 

Les constructeurs

 

Les fabricants de radiocommandes sont essentiellement asiatiques (au moins partiellement, car même la société Multiplex [2] allemande a associé son activité « radiocommande » avec HITEC [3] d’origine sud coréenne, et SPEKTRUM, dernier arrivé sur le marché, a collaboré jusque fin 2011 avec le japonais JR PROPO disparu en 2017).

 

 

Graupner/SJ [4] avec HOTT

 

Graupner est le premier (chronologiquement) distributeur mondial de matériel de modélisme. Il a imposé beaucoup de choses du fait de son poids commercial. JR, longtemps son fournisseur d’équipements de radiocommandes a choisi la technologie centimétrique SPEKTRUM, mais Graupner, pour des raisons non divulguées, s’est brouillé avec SPEKTRUM et a alors imposé à JR pour la gamme Graupner la technologie IFS de type DSSS (origine américaine XPS [5]) pour son bas et milieu de gamme et WEATRONIC de type FHSS pour son haut et très haut de gamme. Pour les raisons évoquées au paragraphe « La guerre commerciale », Graupner a changé de technologie fin 2011 en troquant l’IFS de type DSSS pour le HOTT de type FHSS et a rompu la collaboration avec JR. C’est le sud coréen SJ qui fournit la nouvelle technologie, mais Graupner a tellement souffert de cette guerre commerciale que la société a failli déposer son bilan, et c’est finalement SJ qui a racheté Graupner pour éviter sa disparition. Le géant du modélisme du XXème siècle n’est plus que l’ombre de lui-même au XXIème.

 

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Photo 7 : radiocommande 6 voies et modules HOTT Graupner/SJ

 

Points forts : gamme très développée, télémétrie avec synthèse vocale

Point faible : produits très difficiles, voire impossible à trouver aux USA et au JAPON

 

WEATRONIC

 

Weatronic – fabriquant allemand - préalablement distribué par Graupner pour ses produits radiocommande haut de gamme a repris son indépendance et développe sa propre gamme surtout orientée vers les applications « Grands modèles ».

 

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Photo 8 : radiocommande 12 voies avec module HF double WEATRONIC

 

 

Points forts : systèmes à redondance intégrée pour les grands modèles

Point faible : produits très difficiles, voire impossible à trouver aux US et au JAPON

 

 

SPEKTRUM [6]

 

La société SPEKTRUM est le plus jeune fabricant de radiocommandes. C’est cette société qui a imposé vers 2006 la mutation technologique vers les ondes centimétriques. Elle a commencé en proposant des modules HF pour JR et FUTABA, puis en louant les moules des boîtiers et en se faisant aider par JR pour créer sa propre gamme. En 2018, les radiocommandes sont toutes propres à SPEKTRUM, avec télémétrie intégrée dès le milieu de gamme et synthèse vocale dans une partie du haut de gamme. La photo 9 montre une radio 8 voies de son milieu de gamme.

 

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Photo 9 : radiocommande SPEKTRUM DX8 8 voies de milieu de gamme

 

 

La gamme SPEKTRUM va du bas au très haut de gamme. Le système DSMX de SPEKTRUM, en plus de la télémétrie et de la synthèse vocale (dans le haut de gamme) offre le système de transmission le plus sécurisé de l’ensemble des fabricants. Il offre en particulier :

·         une transmission protégée par étalement de spectre direct DSSS en plus du FHSS (voir le chapitre « Aspects techniques des radiocommandes »),

·         une quadruple réception avec deux récepteurs séparés (photo 10),

·         une double antenne d’émission (avec polarisation croisée) pour éviter les trous de réception dans le haut de gamme,

·         un dispositif d’évaluation de la qualité de réception sur une cession de vol (photo 10).

 

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Photo 10 : récepteur SPEKTRUM à 2 récepteurs,

4 antennes et indicateur de la qualité du signal

 

 

Points forts : prix très compétitifs, gamme très développée (4 à 18 voies), système le plus sécurisé du marché avec dispositif de vérification de la qualité de la transmission, télémétrie, synthèse vocale dans le haut de gamme, technologie de réception très utilisée dans les produits RTF (hélicoptères, quadricoptères, etc.)..

Point faible : pas de passé aussi conséquent que les autres grands fabricants.

 

 

FUTABA [7]

 

La société FUTABA a été durant plusieurs décennies le fournisseur de Robbe disparu en 2015, concurrent et challenger de Graupner. La société offre une gamme très complète propre (photo 11). Elle propose aussi des modules HF utilisant sa technologie FASST de type FHSS pour les autres marques de radios haut de gamme.

 

Cette marque est très présente grâce à une politique publicitaire très agressive et intensive, ce qui a malheureusement comme corollaire des radios plus chères que la concurrence à qualité égale. Sa technologie FASST était en retrait par rapport à celle des autres grands fabricants et lui empêchait d’intégrer la télémétrie. FUTABA a présenté enfin début 2012 une évolution incorporant la télémétrie.

 

 

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Photo 11 : T6K de FUTABA

 

 

Points forts : gamme très développée, système S-BUS simplifiant le câblage des grands modèles

Points faibles : prix supérieurs à la concurrence pour une classe de radiocommande donnée, nombre de modèles mémorisables limité en entrée et milieu de gamme.

 

 

SANWA [8] (Aitronics aux USA)

 

La société japonaise SANWA propose aussi des radiocommandes de longue date. On trouve moins cette marque que Graupner/SJ ou FUTABA en France car elle y est essentiellement distribuée dans les magasins de modélisme locaux. La photo 12 présente le modèle phare à 10 voies fonctionnant en FHSS comme FUTABA.

 

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Photo 12 : radiocommande 10 voies SANWA SG-10G

 

 

Points forts : afficheur à plusieurs niveaux de gris très lisible pour la SG-10G, possibilités de programmation très étendue de la SG-10G

Points faibles : télémétrie limitée début 2012.

 

 

MULTPLEX [2]

 

MULTIPLEX est avant tout un distributeur et fabricant de matériel de modélisme allemand. Dans le domaine des radiocommandes cette marque a toujours privilégié l’innovation et proposé des produits particulièrement ergonomiques et agréables à programmer. Aujourd’hui la société se concentre sur le haut de gamme, tout en proposant aussi d’excellentes radios basiques. La photo 13 montre la radio « phare » de la gamme en 2017 : la PROFI TX9. On remarquera sur la photo l’effort d’ergonomie en plaçant l’écran en haut plutôt qu’en bas, les nombreux boutons du bas pour rendre la programmation plus rapide, les trims dégagés pour être plus accessibles, etc.

 

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Photo 13 ;  PROFI TX9 de Multiplex

 

 

MULTIPLEX a choisi de s’associer avec HITEC pour la radiocommande. Néanmoins les modèles des deux marques sont restés bien distincts, et même la technologie pour la télémétrie est restée spécifique à chaque marque.

 

Points forts : produits très ergonomiques, tarifs attractifs, gamme de capteurs de télémétrie très étendue.

Point faible : peu de produits de milieu de gamme.

 

 

HITEC [3]

 

HITEC est un fabricant coréen très connu pour ses servos. Il offre aujourd’hui une gamme de radiocommandes de qualité à des prix compétitifs. La dernière, l’AURORA 9X (photo 14) s’est particulièrement distingué par son système de télémétrie sophistiqué et son afficheur tactile simplifiant la programmation.

 

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Photo 14 : Aurora 9X de HITEC à écran tactile

 

 

Points forts : afficheur de l’AURORA 9X tactile, tarifs attractifs, gamme de capteurs de télémétrie étendue.

Point faible : pas de produit de très haut de gamme.

 

 

ACT [9]

 

La société ACT, bien connue des adeptes de grands modèles qui ont besoin de sécurité extrême, propose des modules et récepteurs qui s'adaptent aux principaux émetteurs du marché. Comme l'univers d'ACT est la fiabilisation par redondance et le très haut de gamme, la société propose un système de double émission et réception à 35 MHz (ou 41 MHz) et 2,4 GHz (voir photo 16). ACT a aussi choisi le principe FHSS. Mais cette fois-ci pour régler les problèmes liés à la polarisation de l’onde radio, c'est l'émetteur 2,4 GHz qui est double (notez les deux antennes à 2,4 GHz sur l'émetteur de la photo 16) au lieu du récepteur, ce qui revient strictement au même, mais permet d’alléger le récepteur. ACT propose la télémétrie avec ses systèmes.

 

 

ACT

Photo 16 : système redondant ACT

 

 

TURNIGY

 

Turnigy est une marque chinoise distribuée sur internet via « Hobby King » [10] de Hong-Kong. La seule radio programmable proposée est une radio 9 voies (photo 17) aux environs de 50 € HT (hors frais de transport et de douane qui peuvent éventuellement doubler le prix). C’est un prix évidemment tout à fait étonnant qui a conduit à un achat personnel afin de faire des tests.

 

Il s’agit en fait d’une radio fabriquée par FlySky qu’on trouve aussi sous les marques Turborix, Eurgle et Air Jump. La conception électronique est semblable à celle de l’ancienne MX16 de Graupner et la qualité des interrupteurs et circuits imprimés est comparable. Le microcontrôleur utilisé est un ATMega64A de chez Atmel qui assure l’ensemble des fonctions électroniques. Il est flashable, dispose d’une EEPROM (mémoire des modèles) qui permet de mémoriser huit modèles. En la prenant en main, on se trouve face à un mélange hétérogène de radio milieu de gamme, avec quelques détails de radio bas de gamme.

 

Les caractéristiques principales sont :

·         émetteur 9 voies,

·         module HF 2,4 GHz interchangeable au standard JR (mais câble d’antenne à travers le boîtier),

·         récepteur 8 voies 2,4 GHz à antenne unique (masse 17 g avec boîtier),

·         mémoire 8 modèles,

·         programmes pour planeur, avion et hélicoptères,

·         dual rate, expo, courbes de gaz et pas en 5 points,

·         7 mixages avion/planeur, 3 mixages hélico,

·         mode moniteur/élève programmable.

 

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Photo 17 : radiocommande 9 voies Turnigy à prix « hard discount »

 

 

Quelques caractéristiques de détail supplémentaires :

·         Le boîtier moulé dans un plastique de bonne qualité est une imitation des boîtiers de la famille MX16 de Graupner/JR, mais est moins bien fini (absence de peinture et de chromage).

·         Les manches, potentiomètre et interrupteurs sont dans la norme de qualité des radios de milieu de gamme, avec une commande de gaz à friction sans crans.

·         L’afficheur graphique 128x64 pixels comme le graphisme sont comparables à la majorité des radios de milieu de gamme.

·         La seule documentation disponible est celle faite par les utilisateurs et mise en ligne sur le site « Hobby King ». Elle est en anglais et concerne la version 1.3 du soft assez différente de la version 2 fournie. La programmation relève donc du domaine de la devinette, tout en restant parfaitement possible.

·         On ne sait rien de la partie haute fréquence fournie, sinon qu’elle fonctionne en 2,4 GHz et qu’elle vient de Turnigy. Elle n’a pas posé de problème de fiabilité en six mois d’utilisation.

·         L’interrupteur M/A à glissière a un frottement assez dur qui se normalise avec le temps.

·         La radio est fournie avec un support de piles pour 8 éléments AA vide qu’il faut remplacer par un pack de batteries.

·         La prise de charge de la radio reçue avait un fil coupé. Il a donc fallu souder pour réparer !

 

 

CORONA et ASSAN

 

CORONA et ASSAN sont des fabricants chinois de modules émetteurs et récepteurs pour radios JR, FUTABA, SANWA et KO PROPO. Ils sont également distribués par Hobby King et les prix sont également très attractifs. CORONA utilise le DSSS sur trois canaux simultanés et ASSAN sur deux canaux simultanés. Il n’y a pas de télémétrie proposée.

 

 

JETI [11]

 

La société tchèque JETI ne propose qu’un émetteur de radiocommande très haut de gamme difficile à trouver en France, mais comme CORONA ou ASSAN, se spécialise surtout dans les modules 2,4 GHz émetteurs et récepteurs qui sont proposés pour les principales marques de radiocommandes. La particularité est ici le fait qu’il existe des modules HF sans boîtier (photo 18), installables dans les radios non pourvues de modules HF interchangeables. Autre point intéressant : la télémétrie est disponible avec tous les modèles.

 

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 Photo 18 : module 2,4 GHz JETI pour radio sans module HF interchangeable

 

Walkera

 

Cette société chinoise qui propose de nombreux modèles RTF, distribue aussi des radios « DeVention » nommées DEVO-4 à DEVO-12. Elles fonctionnement en DSSS, ce qui en fait le quatrième constructeur à offrir cette technologie (avec SPEKTRUM, ASSAN et CORONA). Mais la particularité ici est de pouvoir obtenir en plus de la télémétrie et les écrans couleur tactile à prix « chinois », des radios avec un moniteur vidéo pour le vol en immersion (FPV en anglais pour First Person View). La photo 19 présente le modèle DEVO-4 avec moniteur pour le vol en immersion. En outre, un auteur indépendant propose un logiciel « Deviation » rendant de nombreux modèles DEVO compatibles DSM2.

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Photo 19 : radio DEVO-4 avec moniteur vidéo pour le vol en immersion

 

Points forts : très large gamme, tarifs très compétitifs, FPV, télémétrie, écran couleur tactile sur certains modèles.

Points faibles : produits encore peu établis.

 

 

Références

 

1.      Radios à faire soi-même de Francis Thobois

2.      Fabricant de matériel de modélisme allemand Multiplex (site en allemand)

3.      Fabricant de radiocommandes coréen Hitec (section USA)

4.      Graupner : distributeur allemand de matériel de modélisme dont les systèmes radio SJ et WEATRONIC

5.      XPS : fournisseur d’éléments HF 2,4 GHz

6.      Fabricant de radiocommandes 2,4 GHz SPEKTRUM

7.      Fabricant d’automatismes industriels et radiocommandes japonais FUTABA

8.      Fabricant de radiocommandes japonais SANWA (Airtronics aux US)

9.      Fabricant de modules de radiocommandes allemand ACT

10.  Hobby King : distributeur de radiocommandes et modules chinois à tarifs « hard discount » dont Turnigy, OrangeRx et ASSAN

11.  JETI : fabricant tchèque d’accessoires de modélisme dont des modules 2,4 GHz